L’édition 2019 des Journées de l’AFIB seront organisées du 2 au 4 octobre 2019 à Reims

Comme chaque année, l’Association Française des Ingénieurs Biomédicaux organisent ses journées dédiées à la formation et aux partage d’informations entre spécialistes de l’ingénierie biomédicale. Soucieuse d’aborder des thématiques d’actualité et de renseigner les participants sur les innovations les plus intéressantes et les sujets les plus intéressants de leurs domaines de spécialité, l’AFIB oriente son édition 2019 sur les évolutions liées au développement de l’intelligence artificielle.

L’édition 2019 des journées de l’AFIB organisées les 2, 3 et 4 octobre à Reims…
Geneviève Gaschard :
Comme chaque année, les journées de l’AFIB sont ouvertes aux nouveautés et aux sujets les plus innovants en matière d’ingénierie biomédicale. Cette année, nous aborderons l’intelligence artificielle qui entraine des changements dans de nombreux secteurs, y compris les activités médicales et paramédicales et les parcours de soins. Durant nos échanges, nous tenterons de mieux définir comment cette évolution majeure va être intégrée au milieu de la santé, et plus spécifiquement au secteur biomédical.

Quels sont les principaux enjeux liés au numérique en matière d’ingénierie biomédicale ?
G. G. :
L’intelligence artificielle regroupe plusieurs techniques devant encore être éprouvées. Ces solutions doivent permettre de développer des activités de screening, nécessaires au développement de propositions de traitement basées sur un volume important de données d’imagerie. Certains domaines bénéficient déjà de ces réponses, tels que le traitement du cancer du sein ou la dermatologie. Pour cette dernière, nous disposons d’un logiciel de dépistage des mélanomes marqué FDA aux Etats-Unis d’Amérique (équivalent au marquage CE en Europe). Ces outils d’expertise validés par les comités scientifiques soutiennent les spécialistes dans leurs démarches et impactent profondément leurs méthodes de travail. Outre l’imagerie, nous voyons apparaitre des logiciels d’aide au diagnostic pour la prise en compte de multiples paramètres liés à l’état de santé du patient. Ces systèmes peuvent proposer des diagnostics et des solutions thérapeutiques respectant les données médicales du patient. Apparaissent également des équipements livrés avec des logiciels équipés de solutions de « deep learning », capables de se perfectionner avec l’apport de nouvelles informations. Ces outils voués à interagir avec l’environnement de l’hôpital impliquent de nouveaux modèles de fonctionnement, notamment sur les plans technique et économique. Au même titre que les demandes d’équipement actuelles, nous allons prochainement devoir intégrer des demandes d’intelligence artificielle dans les pratiques de l’ingénierie hospitalière. Ces évolutions récentes des dispositifs médicaux ne sont pas stabilisées. Elles doivent être surveillées, évaluées avec précaution.

Face à ces évolutions, le corps médical redoute-t-il une déshumanisation de la prise en charge ?
G. G. :
Comme tout équipement, ces solutions intelligentes doivent être gérées intelligemment. Ces outils permettront aux professionnels de santé de fiabiliser les données utilisées pour leur prise de décision et d’approfondir leur diagnostic pour redoubler d’efficience dans leur proposition de traitement. L’intelligence artificielle va progressivement être adoptée par les spécialistes qui resteront maîtres du diagnostic ainsi que des solutions thérapeutiques proposées au patient. Ces outils d’expertise sont développés pour soutenir leurs activités quotidiennes et leur permettre de mieux répondre aux besoins du patient. En les déchargeant de tâches techniques chronophages, ces solutions automatisées permettent aux équipes médicales d’être plus présentes auprès du patient. Elles encouragent donc le renforcement du contact humain entre le médecin et son patient pour une meilleur prise en charge.

L’intelligence artificielle évolue très régulièrement et rapidement. Comment l’ingénieur biomédical peut-il se préparer à ces évolutions très fréquentes ?
G. G. :
Cette anticipation passe par le maintien d’une veille constante des évolutions techniques et médicales afin de les intégrer automatiquement dans la réflexion liée au développement du plateau technique de demain. Le développement de l’intelligence artificielle entrainera également une réflexion transversale de l’ingénieur biomédical liée aux modèles d’acquisition et aux solutions techniques à développer au sein de son établissement. L’acquisition de solutions transversales devront également être alliées à des actions d’accompagnement au changement pour les équipes hospitalières concernées.

Quels seront les autres thèmes abordées durant ces journées de l’AFIB ?
G. G. :
Cette édition abordera également les évolutions technologiques ou médicales dans des secteurs d’activités plus classiques, parmi lesquels la réanimation, la biologie, l’imagerie et le bloc opératoire. Nous maintenons également une veille des évolutions des règles de santé liées au développement des Groupements Hospitaliers de Territoire (GHT) et à leurs impacts sur les missions de l’ingénieur biomédical. Nous assurerons aussi des retours d’expérience pour les missions réalisées par l’association sur des domaines très variés et nous permettant de maintenir une veille technologique de qualité à l’échelle internationale. Enfin, cette année encore, nous accueillerons des experts extérieurs au domaine de l’ingénierie biomédicale. Ils partageront leur vision et leurs réflexions sociétales et éthiques liées aux évolutions touchant l’ingénierie biomédicale dont l’intelligence artificielle.

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